samedi 14 novembre 2009

La complexe simplicité.





Le bruit l'emporte si souvent sur le silence! Lorsque l'on déguste un met, un vin, que l'on regarde un film ou écoute un concert, on se laisse souvent charmer par le tape à l'oeil, par l'évidence. On va préférer le sucré à l'amer, le mélodique au discordant.

Dans une classe, on va se souvenir des élèves exubérants, moins des discrets.


Cela pourrait provenir, entre autre, de notre manque d'attention, de présence au monde. Personnellement, j'attise quotidiennement le feux de l'attention, mais sans très grand succès. Je retombe encore et encore dans l'évidence. Le subtil m échappe souvent. Le silence n'est pas assez écouté dans ma vie. A défaut de silence, je vous propose un blues si simple, qu'on pourrait ne pas entendre quelle perfection il incarne. Je ne m'en lasse pas. Il accompagne à merveille le thé que je me suis proposé de boire ce matin.



Parmis les feuilles que j ai envie d'inffuser ces temps-ci, il y a les pu-er bien sûr, mais aussi les oolongs de formoses, les thés rouges. Je voudrais revenir sur un thé d'exception, mais discret.



Thé rouge de hsan shia. de 2009. Beaucoup plus discret que la récolte précédente, il pourrait passer pour un thé commun. Hors, rien ne serait plus inexact. Au lieu de claironner avec une ribambelle de goûts fleuris, il nous propose de la chaleur, des rondeurs, des céréales grillées avec une touche ferrugineuse ( peut-être due à ma très très vieille bouilloire). C'est un thé qui sied à merveille à cette période pluvieuse et grise. Vous pourrez en juger par les photos. Ce rouge, cette chaleur visuelle trouve son pendant gustatif. Ce thé discret m'a procuré un plaisir intense.


 J ai choisi de l'infuser dans ma théière li xin en zisha zhuni. Le résultat est à la hauteur de l'objet et le thé tient le challenge.

Pratiquer un Chan-Cha avec pareils ustensiles vous encourage à être "Bon".

Ainsi, avant tout, l'état d'esprit se tourne vers l'extérieur. La pratique du thé ne peut plus être un refuge, une bulle de calme dans un monde qui va vite, qui est dur. Il devient un cadeaux que l on fait à chacun, en pensée au moins. Un don.

Les temps habituels, 1/2 théière de feuilles sèches et le tour est joué.
Si certains avaient des doutes sur le fait que cette théière tienne la chaleur... voyez les feuilles à la sortie de cette dernière... encore fumante.



















dimanche 8 novembre 2009

La saison du pu-er

Les saisons rythment la cueillette, rythment les corps, la nature, les humeurs. Les légumes changent également, on se réjouit de retrouver les racines anisées avec l'arrivée de l'hiver, content de laisser derrière soi les rouges tomates et autres profondes aubergines.

Sous nos latitudes il en va de même avec le thé. On quitte les champs les fleurs, l'énergie ascendante pour retrouver des thés millésimés, ancrés par le temps dans la terre. On a envie de choses moins aériennes, on descend tels des fruits des branches vers le sol, peut-être à la recherche d'un peu de chaleur.



Ce matin, comme tous les matins, ce fût un très bon Chan-Cha. J ai choisi d'accompagner la douce infusion de mon Badashan de 2004. J ai choisi une théière en zisha cuite à haute température pour sa douceur et sa précision.



Les temps habituels... ce fût excellent. Très sucré, sucre de canne, avec une atmosphère boisée, fumée. L intérieur d'une cabane, un abris de bûcheron. Il évolue bien, je vois qu'on peut le pousser bien plus loin qu'il y a un an sans risquer l'amertume inexistante. Les grandes feuilles de cette galette me rappelle qu'elles sont issues de théiers sauvage, arbre pouvant atteindre la respectable hauteur de 30 m.




Une galette de saison que je garde près de moi ces prochains temps.

lundi 2 novembre 2009

ANNONCE

Je voudrais vous annoncer la création d'un nouveau blog sur le thé qui m'a l'air prometteur. Il fait partie dores et déjà de mes favoris... addicttea...

Ce blog naissant, est tenu par un vrai amateur de thé. Son apprentissage s'est fait graduellement, méthodiquement. Je me réjouis de lire ses impressions, ces dégustations. Son style poétique et plein d'emphase sera un excellent serviteur de liqueur.

Bonne lecture et salutations à Philippe l'addict du thé à Bordeaux ( il faut le faire ;-))

jeudi 23 avril 2009

CREME DE CELERI ET UN VERT A DEFINIR

Comme vous l'aurez compris, j'ai envie de partager avec vous des recettes de cuisines, soit concoctées soit accompagnées de thé.

Il y a quelque temps, à l'occasion de l'interview d'un chef étoilé, un aveu est tombé. La recette qu'il présentait avait été inventée un jour où il ne lui restait plus grand chose dans le frigo. Il associa de manière originale les quelques ingrédients qu'il lui restait.

Quel bonheur d'entendre un "grand" démystifier sa cuisine!

De mon côté, mes recettes découlent du même procédé, la plupart du temps.
Quel meilleur exemple que cette crème de céleri réalisée un soir ou il me restait ... 1 céleri, 2 pommes de terre. Même si tout ça à l'air bien chiche, ce soir là, on s'est régalé.

INGREDIENTS
TEMPS TOTAL: 15 MIN

1 gros céleri
2 pommes de terre
1 oignon
lait de coco
lait de vache
du bouillon
vin blanc de cuisine
ciboulette
persil
réduction de balsamique
un tranche de pain frotté à l'ail et grillée

Faites chauffer 2 cm d'eau au fond de votre casserole. Pendant ce temps...

Pelez et débitez votre céleri en petits cubes. Plus les morceaux sont petits, plus vous gagnez du temps à la cuisson. Et si comme moi vous rentrez tard et très fatigué, les quelques minutes gagnées seront très appréciées.
Pelez et débitez vos pommes de terre.

Emincez votre oignon. Placez oignon et céleri et pdt dans la casserole.
Ajoutez le bouillon, et environ 1.5 dl de vin blanc de table, ainsi que le persil. Vers la fin de la cuisson
versez environ 1.5 dl de lait. Contrôler. Rectifier avec du vin blanc si nécessaire.

Couvrir, laissez cuire jusqu'à ce que les morceaux soient bien mou.

Retirez du feu et mixez le tout en ajoutant 1/2 boîte de lait de coco. Il faut vraiment bien mixer jusqu'à l'obtention d'une crême. Rectifiez la consistance en ajoutant de l'eau bouillante et du bouillon. Une fois la crème obtenue, réchauffez rapidement sur la flamme.

Pour le croûton. Passez le au grille pain puis frotez avec de l'ail ou à la poêle avec un filet d'huile d'olive.

Dressez: Utilisez le dos d'une cuillère à soupe pour dessiner une spirale une fois la soupe dans le bol, décorez avec la réduction de balsamique (vous en trouvez dans le commerce) puis saupoudrez de ciboulette hachée.



Que boire avec cela?

Un vert japonais? Je propose que fortunato se lance dans cette recette simple et me dise ce qu'il boirait avec cette soupe.

Une photo en vitesse et bon appétit.

jeudi 5 mars 2009

Crevettes sautées et riz au jasmin

Nous sommes le 5 mars, bon anniversaire à mon frère P. ;-)

Recette rapide et pratique.
Avoir un paquet de crevettes au congelateur est bien pratique lorsque vous n'avez pas eu le temps de faire vos courses. Une recette simple qui dépanne.

INGREDIENTS:
Temps: 15 min.

Crevettes congelées
Petit poids congelés
Riz
Blanc de poireau
Oignon
Vin blanc
thé de jasmin
Pâte de curry
Ail
Persil
bouillon ou sauce soja

Cuire le riz dans le rice coocker avec les petit poids congelés. Au lieu de l'eau, utilisez une infusion de thé de jasmin.
Ajoutez du bouillon.



Pendant les 10 min de cuisson, déposez vos crevettes dans la poêle à frire, chauffez à feu vif, puis ajoutez une fois les cristaux de glace fondu et l'eau évaporée, du beurre ou de l'huile. Préférez des crevettes non cuites.
Ajoutez les oignons débités en rondelle et le poireau tranché en copeau et l'ail écrasé.
Faites revenir.
Ajoutez le vin blanc et le bouillon. Délayer la pâte de curry, remuer et rajoutez de l'eau si nécessaire. Il faut qu'il y ait du jus.

Une fois que le riz est prêt, dressez. Vous pouvez vous aidez d'un cercle pour le riz ou d'un bol. Garnir de crevette et déposer la sauce tout autour.

Vite une photo avant que cela ne refroidisse trop!

Bon appétit.

mardi 24 février 2009

Soupe de nouille rapide et pu-erh

Voici une proposition simple: nouille chinoise minute, accompagné d'un thé sombre en vrac.
Recette:
Verser l'équivalent d'un grand bol d'eau froide dans une casserole.

Ajouter du bouillon de légume, du vin blanc = 1.5 dl et de la sauce de soja (ajustez selon vos goûts). Portez à ébullition.
Débiter en rondelle un oignon, ajoutez.
Couper en dé une portion de tofu, ajoutez.
Verser environ 1/2 boîte de lait de coco. 

Portez à ébullition, puis ajoutez les nouilles de riz, 1/2 paquet.
Ajoutez un ail préalablement écrasé avec une lame de couteau large.
Ajouter de la sauce de coriandre ainsi que du persil ou coriandre frais et un dé de pâte de curry jaune.

Agrémentez de légumes, ce que vous avez dans le frigidaire.
Une fois que vos nouilles sont cuites, retirer du feu et servez le tout dans un grand bol.
En accompagnement, je vous suggère un pu-er cuit de belle facture. J'ai choisi mon pu-erh en vrac N°022 qui s'accorde particulièrement bien avec les plats relevé.



Le curry en pâte ainsi que la sauce de coriandre au chili donne du piquant à la soupe de nouille. Ainsi, un pu-erh très doux à fort caractère, équilibre ce repas minute.





L'association curry jaune, coco et pu-erh me plaît beaucoup. Le côté sombre du thé met en évidence, à la manière d'un crayon à paupière, les couleurs gustatives du plat. Bon appétit.

lundi 23 février 2009

HUMEURS

Je remarque que je n'ai pas de thé préféré. Ce que j'aime c'est la variété, le choc de la succession entre un pu-er cuit et un thé vert mao jian par exemple. J'aime garder les sens en éveil. Mon thé je le choisi selon l'humeur du moment, comme l'on choisit sa cravate le matin avant de partir au boulot.

Ma cravate du jour un lishan N°041.

Un thé qui mérite des louanges. Il me rappelle mes premiers Gao shan cha, puissants, fins, citronnés ou orangés peut-être. Cette année les oolongs d'hiver de taiwan ont profité de conditions idéales. De manière générale, la récolte est bonne, voir excellente. Les lots sont vites partis et donc les quantités disponibles limitées!



Une terre rouge pour infuser ce très beau thé. Ça faisait un moment que je n'avais plus utilisée cette li xin et c'est toujours un moment émouvant de renouer avec la sensation si particulière de manipuler une théière de cette qualité. La production de cette théière s'est arrêtée en 2000. Il n'en reste plus que quelques exemplaires disponibles.

1/4 de théière de feuilles sèches et les temps habituels, 60s, 20s, 45s, 1min20, 2min20.

L'odeur des feuilles humides est superbe, douce et puissante, sucrée et tendre. La douceur maspin associée à l'acidulé de l'orange.



Le goût est délicat et puissant, un mélange de douceur beurée et fleurie, avec la touche agrume typique de la région. Tout cela servi sur une base végétale qui rend cette liqueur complexe et très agréable. Elle se laisse boire à volonté et tient de nombreuses infusions. Un thé du dimanche qui dans ses beaux habits vous charmera sans aucun doute et vous tiendra compagnie une bonne partie de la journée.




Les feuilles traitées avec le plus grand soin, remplissent vite l'entier du volume de la théière pour mon plus grand bonheur. Elles regorges d'huiles essentielles et m'évoque l'univers des vins surmaturés, je pense au vin du plafond à goûter absolument. En résumé, un régal.